Robert Parker
Robert M. Parker, Jr.
Des arômes de lilas, de roche concassée, de fruits bleus et rouges, ainsi qu’une senteur giboyeuse et terreuse, émergent du 2008 Cote Rotie La Mordoree à la robe rubis sombre et au corps moyen (604 caisses produites). Il est complexe aromatiquement, mais semble s’éteindre en bouche. Néanmoins, c’est une belle réussite pour un 2008. À boire sur les 7 à 8 prochaines années.
D’autres réalisations extraordinaires à surveiller incluent le 2009 Bila Haut Lesquerde, un vin dominé par la Syrah que j’ai noté dans la haute fourchette des 90. Tout aussi profond, mais issu d’un assemblage complètement différent, le Bila Haut Cotes du Roussillon Villages La Tour de France, qui est un assemblage de 90% Grenache et 10% Syrah. Ces deux cuvées sont remarquables, autant que le vin peut l’être. En Australie, quelques vins à noter incluent le Domaine Tournon 2009 Shiraz (ou Syrah), un rouge remarquable vendu à un prix juste, ainsi que ses cuvées parcellaires 2009 Shiraz Shays’ Flat et 2009 Shiraz Landsborough, deux Syrahs extraordinaires notées milieu 90 en provenance de Victoria. De plus, il ne faut pas oublier son 2009 La Pleiade M45, une Syrah issue des sols cambriens de Heathcote. Un vin australien flirtant avec la perfection, que je n’avais jamais goûté auparavant, est le 2009 Shiraz One Shot de Beechworth, qui ressemble à une liqueur de myrtilles et de framboises mêlée de graphite, de goudron et de minéralité. D’autres cuvées éblouissantes de Domaine Terlato and Chapoutier incluent le 2009 Shiraz Malakoff (noté 92-94) et le 2009 Shiraz L Block (noté 93-95+). Enfin, Michel Chapoutier est entré sur la scène des vins portugais, produisant deux vins extraordinaires à partir d’une parcelle de 5 hectares dans le Douro. Le 2009 Touriga Nacional (noté 94-96) provient de sols de schiste pur. Il révèle d’incroyables notes florales mêlées à des touches de myrtille sucrée, de framboise noire et de cassis. Aussi incroyable soit-il, il pourrait être surpassé par le 2009 Touriga Nacional Pinteivera de Pinhao. C’est indéniablement le plus grand vin rouge portugais que j’aie jamais goûté. Lui aussi provient de sols schisteux. Ces deux vins sont des réalisations remarquables de celui qui est peut-être le génie irrévérencieux numéro un au monde en matière de vinification et de philosophie de vinification. Et une chose de plus au sujet du remarquable Michel Chapoutier : il possède désormais une propriété en Alsace, Domaine Schieferkopf. J’ai dégusté un 2009 Riesling (noté 89), 2009 Riesling Buehl (noté 93) et 2009 Riesling Fels (noté 94). Tous sont des Rieslings très secs, vifs, de corpulence moyenne à pleine, issus du secteur d’Andlau, au nord de l’Alsace. Ces blancs remarquables proviennent de sols schisteux et Chapoutier a encore une fois démontré son « toucher Midas » avec un cépage complètement différent.
Michel Chapoutier est fermement convaincu que 2009 est le plus grand millésime de sa vie, ce qui signifie que 2009 surpasse 2003 (il a produit de grands vins dans ce millésime atypique), 1999, 1990 et 1989 (son millésime de début après avoir repris la maison). Ces vins proviennent tous de vignobles cultivés en biodynamie. De plus, il n’y a ni chaptalisation ni acidification, et, comme le dit Michel Chapoutier, il veut capturer chaque millésime dans ses moindres détails, comme une photographie. Il est également important de reconnaître la philosophie de vie de Chapoutier qui, plutôt que d’être obsédé par la correction de ses défauts, consiste à capitaliser sur ses forces. Avec tout son charme et sa bravade, Chapoutier est l’homme de la terre par excellence, un véritable terroiriste dédié à produire les expressions les plus vives, naturelles et sans artifice des nombreux vignobles avec lesquels il travaille. Alors que 2009 a été une année parfaite, marquée par une concentration extraordinaire ainsi qu’une grande fraîcheur, le millésime 2008 a connu d’énormes pluies les 5, 6 et 8 septembre. Toutefois, Chapoutier soutient que si ses vignobles cultivés en biodynamie ont souffert d’une certaine dilution, ils n’ont pas eu de problèmes sanitaires comme beaucoup d’autres domaines. Ses 2008 semblent certainement compter parmi les plus réussis d’un millésime décevant dans le nord du Rhône. On s’attend à ce que Chapoutier excelle avec ses quatre parcelles d’Hermitage (Le Pavillon, l’Ermite, Le Méal et Les Greffieux). La dégustation des 2009 renforce la conviction qu’il s’agit de l’un des plus grands millésimes de tous les temps pour l’ensemble de la vallée du nord du Rhône. Cela ne pouvait pas mieux tomber. Bien que certains 2003 soient grands, il n’y avait pas eu de millésime globalement et régulièrement profond dans le nord du Rhône depuis 1990. Les connaisseurs devraient faire des provisions des cuvées parcellaires, en blanc comme en rouge, qui sont spectaculaires. Michel Chapoutier produit une pléiade d’autres vins qui méritent quelques notes, tant ils sont réussis. Bien qu’ils ne proviennent pas de mes zones de responsabilité, j’ai pensé mentionner quelques-uns qui se sont distingués lors de ma dégustation avec lui. Tel un génie itinérant, Chapoutier mène des projets en Australie, au Portugal et dans le sud de la France. Mon collègue David Schildknecht et moi avons écrit sur ses superbes cuvées des Cotes du Roussillon sous l’étiquette Domaine de Bila Haut, ainsi que sur son partenariat avec la famille Laughton pour son Agly Brothers Cotes du Roussillon rouge. Ces vins méritent tous l’attention des consommateurs.
Importateur : Terlato Wines International, Lake Bluff, IL ; tél. (847) 604-8900