René Gabriel
Il commence par la maladie typique de GPL, notais-je en 1991 ; à savoir une note de renfermé qui s’accroche obstinément pendant 30 minutes. Nez de viande, pâte de bouillon. En bouche, une pointe de langue mordante, cuiré, sec. Mieux vaut le carafer une heure à l’avance. Ces derniers temps, certaines bouteilles étaient fortement asséchantes. 03 : Rouge rubis assez sombre avec un bord tuilé. Le nez démarre très marqué par le terroir ; trompettes d’automne, écorce d’arbre humide, puis devient de plus en plus dense et aussi un peu plus fruité. En bouche apparaît un Cabernet noble, qui peut se débarrasser, avec l’aération, de sa certaine sécheresse de 83, et finit alors sur un peu de cassis et surtout sur du chocolat noir. (17/20). 09 : Lors d’un dîner à Grand-Puy-Lacoste. Couleur plutôt claire, bord tuilé. Bouquet poivré, notes de fruits rôtis mais montrant plutôt une « douceur sèche ». En bouche, un extrait net, voire piquant, ample mais plat, qui se maintient grâce à l’acidité, aux tanins et désormais aussi à de fines notes métalliques. A dépassé son apogée. 17 : Couleur qui s’éclaircit, brunâtre. Le nez montre un tableau d’oxydation ; Malaga, livèche, vieux cuir. Je l’ai mis de côté avec dédain, car il se présentait tout simplement trop mûr. En bouche, il ne montrait plus qu’une infime tendance au plaisir, avec des contours de Malaga et des arômes de vieux sac militaire. Avec une langue de bœuf sauce Madère, il serait très probablement encore tout à fait buvable. À condition d’utiliser la moitié de la bouteille pour la sauce. D’après des expériences antérieures avec ce vin, « ce truc » est malheureusement terminé.