René Gabriel
02 : Échantillon prélevé sur fût (18/20) : Seuls 38 % de la récolte ont été sélectionnés pour le Grand Vin. 82 % Cabernet Sauvignon, 7 % Merlot, 7 % Petit Verdot, 4 % Cabernet Franc : rubis sombre pourpre, bien concentré au centre. Nez dense, traversé de notes de rose et de sureau rouge, le Cabernet montre beaucoup d’arômes de tabac et la petite proportion de Cabernet Franc apporte une touche florale épicée, des grains de poivre noir du Petit Verdot ; en somme très aromatique, mais comme pour le Pavillon, ce Margaux manque un peu de chaleur et de note fruitée mûre au nez. Corps finement tissé, matière, mais d’une stature plutôt moyenne, traces d’encre et noble amertume dans l’extrait, peaux de quetsche, laurier et tabac en finale longue. L’élevage en barrique doit maintenant aider à donner à ce vin plus de volume et de douceur. On sait d’expérience que ce terroir a la classe pour conduire à une belle qualité et à un potentiel qui n’est pas encore évident. La dégustation n’a toutefois pas caché qu’il s’agit ici d’un Margaux plutôt décevant. Peut-être avons-nous été un peu trop gâtés dernièrement. En tout cas, ma note de fût est proche du palier inférieur. S’il ne laisse pas une impression plus positive d’ici la mise en bouteille, ce Premier Cru coûteux finira à des 17/20 pas franchement enthousiasmants. Juste avant la mise : couleur étonnamment claire. Nez délicat, noisetté, notes de toast Parisette, caramel, fruits secs, plutôt tendre et discret, mais joliment parfumé au nez. Bouche juteuse, paraissant très élancée, tanins soyeux et très fins, cerises rouges, framboises, délicat et aérien, avec à nouveau une très belle note de douceur en finale. Il procurera certainement du plaisir assez tôt, car les tanins sont déjà bien souples et le vin montre déjà une nette expression de fruit primaire. Mais malgré ces paroles réjouissantes, il semble toutefois un peu léger. Peut-il remonter à 18/20 ? Note du moment : 17/20. Dégustation à l’aveugle à Berlin : rubis-grenat éclaircissant. Fin bouquet bordelais élégant, douceur délicate de Cabernet aux accents légèrement de petits fruits rouges, fines touches de noix et de bois de santal, cassis rouge. En bouche, texture soyeuse, très bel équilibre, finale d’une douceur délicate et envoûtante, avec une certaine affinité Tempranillo-praliné. Un vin délicat et élégant, avec beaucoup de finesse, qui montrera bientôt sa première maturité de fruit. (18/20). 09 : rubis-pourpre éclaircissant. Nez doux, finement rôti, une touche de bananes mûres et de fraises des bois, de corpulence moyenne mais assez intense au nez et, grâce à sa note cire-beurre, assez ample. Bouche fine et élégante, tanins soyeux renfermant une délicate douceur. Par le style, une variante plus mûre du Margaux 1985. (19/20). 15 : Nous avons ouvert quatre magnums pour près de 50 personnes. Ce fut une fête ! Tellement délicat, fin et doux, avec des tanins soyeux. 16 : À côté de Giscours et Palmer, il paraît encore très fermé. Il se situe plutôt dans le registre des fruits rouges type Richebourg ! (19/20). 16 : Rubis-grenat nettement éclaircissant, lumineux. Montre d’emblée un bouquet fruité direct et génial, cerises rouges, framboises des bois, airelles, le tout enveloppé d’une note de bois noble clair, finement rôti. Une vraie délicatesse olfactive, presque parfumée. En bouche, matière fine, séducteur, avec un équilibre superbe, presque dansant. C’est un Premier pour amateurs de finesse. Tout est juste. Seul bémol – pour un Margaux légendaire – un peu trop peu de puissance. Pour moi, cela convient parfaitement. On se ressource presque à sa dégustation et on se réjouit avec emphase d’une deuxième gorgée, si possible. (19/20). 17 : Grenat finement éclaircissant. Nez ouvert, par rapport à des Margaux plus anciens que nous avons dégustés, celui-ci était incroyablement accessible. Fines notes de cèdre et de tabac dominicain, une touche de raisins secs et de malt clair. En bouche, corpulence moyenne, acidité finement porteuse, tanins arrondis et encore légèrement friables, il a ici plus de puissance qu’au nez. Avec carafage, il n’est pas loin de sa première maturité de plaisir. Cette bouteille – comparée à d’autres grands millésimes. (18/20). 22 : Magnum. Toujours pourpre soutenu, peu évolué. Le nez assez intense offre un superbe cocktail de différentes baies rouges, apparaissant délicatement doux, avec une attaque poivrée et rectiligne. Il gagne constamment avec l’aération. En bouche, délicatement charnu avec encore des tanins un peu farineux sur la langue. Par ses tanins précis, il montre clairement qu’il possède encore des réserves marquées. Néanmoins, il se montre déjà assez communicatif et délivre une première maturité de plaisir. Celle-ci devrait se maintenir encore pendant des décennies. (19/20).